Justice
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Le Cheminement Parcouru

Progrès des voiliers Cindik et Musichana

Ici, nous pouvons constater les progrès que font Cindik et Musichana. Le parcours de Cindik a démarré en Grande Bretagne et a traversé toute la Méditerranée ; alors que Musichana est en Malaisie. L'étoile au centre de la carte est l'archipel des Chagos. Basculer entre les modes "Carte" et "Satellite", zoomer en utilisant le curseur sur la gauche et cliquez sur un marqueur pour plus d'informations sur chaque point de destination.

Progress

Notez ici que les lignes rouges sont simplement tracées pour connecter des points d’envois de journal de bord, et évidemment n’indiquent pas le chemin réellement parcouru. Il y aura des cas où ces lignes rouges passeront sur des terres émergées, et biensûr le Cindik en est encore incapable - :)

KEY:

Musichana Log Entry
Cindik Log Entry
Additional Information
From Third Party Source

Le compte-rendu de Pete aux Iles Chagos

Date: 27 Mars 2008

Nous sommes arrivés à Ile du Coin dans l'atoll de Peros Banhos au coucher du soleil le 29 Février, après un parcours d'environ 550 kilomètres depuis Malé, et dont l'équateur est à peu près à mi-chemin. Le temps a changé de façon spectaculaire à l'équateur et nous avions de violentes rafales et des fortes pluies durant les derniers jours.

Le navire-patrouilleur du BIOT – le «Pacific Marlin"- était déjà ancré dans la rade où nous sommes arrivés - mais il n'y avait pas d'autres bateaux. Les Chagossiens – des ouvriers maçons venant de l’Ile Maurice- qui avaient été admis seulement pour deux semaines sur les îles Peros Banhos et Saloman étaient déjà au travail de rénovation sur le cimetière. Nous nous sommes ancrés à quelques encablures de l’extrémité de la jetée, qui paraissait abandonnée vers la pointe nord de l'île ; cela a été un moment très émouvant. D'être arrivé ici gràce à nos propres efforts. Enfin. Nous aurions tellement aimé être accompagnés de quelques Chagossiens pour partager ce moment d’importance.

Le lendemain, nous avons rencontré un membre de la police du BIOT, qui était à bord du Pacific Marlin pour faciliter le séjour des Chagossiens, et nous sommes allés jeter un œil dans le village abandonné - ce qui est près de l'ancienne jetée. Ensuite, nous sommes allés sur le cimetière, qui est plus au sud, pour rencontrer et parler aux «travailleurs». Ils avaient déjà réussi à faire beaucoup de travail. Le cimetière a été dégagé de toutes les broussailles et ils avaient déjà réparé quelques pierres tombales, et construit et érigé des croix en béton. C'est vraiment un dur travail. Tous les matériaux et les outils, etc ont dû être amenés par petites embarcations à partir du Pacific Marlin. En fonction de l'état de la marée, soit ces équipements et matériaux pouvaient être directement débarqués, soit ils devaient être transportés à dos d’homme sur une longue distance. De façon similaire, tous les matériaux inutilisés et les déchets devaient être ramenés au bateau.

Après avoir rencontré les Chagossiens, nous sommes allés regarder d’autres coins de l’île, laquelle est totalement envahie par la végétation. Il y a une petite zone dégagée à proximité de la jetée où les plaisanciers en visite se rassemblent, mais les maisons et tout le reste est en ruine totale et il est impossible de se déplacer - à travers le site de l'ancien village et vers le bas pour aller au cimetière par exemple : trop de broussailles envahissantes. Vous devez aller sur la plage. Les moustiques sont plutôt fort agressifs, et les crabes de cocotiers sont tout simplement effrayants. La grande maison du directeur de plantation est la ruine la plus reconnaissable, avec un grand escalier à l'avant. L'église est complètement abandonnée. Nous avons ensuite marché le long de la plage au nord de l'île, mais des nuages noirs, le tonnerre et des grains ont hâté notre retour sur le Musichana tard dans l'après-midi. J'avais l'intention d'aller prendre plus de photos le lendemain -, mais des pluies torrentielles continuent de tomber !

Le patrouilleur Marlin quitté ce soir pour l’île de Peros Banhos, et nous avons suivi le lendemain matin – lundi 03 mars.

Au moins le soleil brillait comme nous sommes arrivés à Saloman, qui est à seulement 30 milles de Peros Banhos. Le village lui-même est sur l’ île de Boddam dans la partie sud de l'atoll, et nous y avons ancré dans la soirée. Il y avait 3 autres voiliers là aussi.

L île Boddam et l’atoll de Saloman sont des endroits préférés par les plaisanciers qui fréquentent les Chagos, bien plus que Peros Banhos. Les visiteurs ont maintenu des chemins dégagés ainsi qu’un lieu de rencontre commun près de l'ancienne jetée. Le village est bien sûr tous dévasté et envahi par la végétation - mais vous pouvez au moins flâner sans trop être gèné par les broussailles. En fait, cette végétation tropicale est féroce et impitoyable, avec une incroyable vitalité de croissance. L’église en ruine et envahie par les mauvaises herbes est particulièrement triste - mais elle est tout un symbole.

Nous avons visité le cimetière et rencontré les Chagossiens ; Jon a aussi apporté sa contribution physique aux travaux d’entretien.

Il est possible de marcher via des petits chemins tout autour de l'île Boddam. Je crois qu'il est d'usage que les plaisanciers qui y séjournent pendant un certain temps prennent une machette avec eux durant leurs promenades et coupent la végétation envahissante. Cette île semble donc beaucoup plus accueillante et habitable - Mais j'ai peut-être ressenti cela parce que le soleil brillait.

Pendant tout ce temps, et comme on se rapprochait de Diego Garcia, nous avons souvent discuté des avantages et des inconvénients de ce que nous allions faire sur l’île interdite. Diego Garcia est évidemment d’accès strictement interdit par l'armée, et forcer cette interdiction n'est pas quelque chose où on s’engage à la légère ou sans avoir procédé à un examen de toutes les conséquences possibles. Il n'a jamais été dans notre intention de faire comme priorité principale un abordage sur cette île. Lorsque nous avons réfléchi à ce voyage, nous ne savions pas si aller sur Diego Garcia et donc y être emprisonné ne pouvait pas être considéré comme un simple geste symbolique et sans portée réelle. C’est certain que nous savions que pénétrer n’importe où à l’intérieur de la zone des 3 milles de Diego Garcia conduirait à notre arrestation. Cela ne paraissait alors pas le moyen le plus efficace pour faire entendre nos préoccupations.

Mais à fur et à mesure que nous nous rapprochions physiquement de cette île, il nous a semblé - malgré nos réserves - devenir de plus en plus pertinent et important de pouvoir approcher au plus près de Diego Garcia lui-même. En fait, nous avons senti que nous n’avions finalement pas d'alternative. La récente reconnaissance, par le Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères de Grande Bretagne, que Diego Garcia avait été utilisé pour ce que l'on appelle les transports aériens de «reddition» (de torture), avait été rendue publique vers fin février - en même temps que nous nous rapprochions de l'archipel des Chagos. Cet aveu honteux, venant se rajouter à tout ce que nous savions déjà, a renforcé notre détermination. Nous avons conclu que pour porter témoignage, une action de protestation à Diego Garcia était justifiée, utile et (pour le moment, et à ce moment-là) nécessaire. À tout le moins nous savions que nous serions en mesure de nous tenir debout sur le sol de Diego Garcia et de dire sans honte ce que nous avons fait (voir ci-dessous).

Nous avons navigué en direction de l'entrée principale de la lagune qui se trouve sur l'extrémité nord de Diego Garcia, dans la matinée du samedi 08 mars. Avec nos banderoles "Stoppez la base illégale UK et US" et "JUSTICE POUR LES CHAGOSSIENS" qui (nous l'espérions) ont résumé les deux raisons de notre protestation. Et après toutes les mises en garde habituelles sur la radio VHF, nous avons été rapidement arrêtés par les autorités britanniques du BIOT (un zodiac plein de soldats armés, un douanier et un policier) juste à l'intérieur des 3 milles. Après avoir été dûment mis en garde, et nous refusant de faire demi-tour et de quitter la zone, nous avons été arrêtés. Nous avions d'abord pensé que nous allions adopter une politique de non-coopération pacifique – être remorqué passivement, faire du poids mort, etc -. Si nous avions fait cela (on y avait pensé juste un moment ...), nous aurions été remorqués de force par un navire militaire US. Nous avons donc décidé de coopérer.

Jon nous a conduit (avec notre escorte) librement et avec notre propre manoeuvre. Nous nous sommes amarrés à quai au bout de la jetée, dans un petit lagon, à 3 milles au sud de l'entrée de la lagune et à l'ouest de l'atoll. Toutes les formalités ont commencé peu de temps après ...

En état d’arrestation à Diego Garcia !

Date: 11 Mars 2008
Position: lat -0.6933°, long 73.1556°

Pete et Jon ont été arrêtés dans les eaux de Diego Garcia. On nous a dit qu'ils sont en bonne santé mais nous n'avons pas entendu parler d'eux depuis leur arrestation. Voir la page d'accueil pour plus de détails concernant leur arrestation. Nous reproduisons ci-dessous la déclaration qu'ils ont préparée pour donner aux gouvernements britannique et étasunien:

Nous avons navigué sur notre bateau Musichana durant plus de 2000 milles pour vous démontrer la gravité de nos préoccupations concernant le sort des Chagossiens et concernant vos activités militaires sur Diego Garcia.

Il est de notre devoir en tant que citoyens britanniques, de contester et de dénoncer ces activités d'une manière responsable et pacifique.

Nous représentons une proportion croissante de la population mondiale, qui sont en désaccord avec l‘injuste traitement de la demande des Chagossiens pour leur droit au retour.

-- Les habitants des Chagos étaient les habitants légitimes de l'archipel des Chagos.

-- Trois générations de Chagossiens sont enterrés sur l'île.

-- Les tribunaux britanniques ont toujours appuyé les Chagossiens dans leur droit au retour.

-- Bien que louable, il n'est tout simplement pas suffisant de seulement permettre aux Chagossiens de revenir pour juste nettoyer et restaurer leurs cimetières. Lorsque le travail est terminé, ils doivent repartir.

Nous sommes dégoûtés par vos activités militaires, car l'histoire a prouvé que les violents conflits militaires et toutes les formes de terrorisme ne résoudront rien. Pourtant, vos actions et celles de vos gouvernements respectifs, par corruption qui enchevêtrent des affaires lucratives avec les décisions politiques et militaires, continuent à augmenter la militarisation et le recours à la force comme une première plutôt qu'une dernière option et continuent aussi de perpétuer l'instabilité mondiale et de terroriser des innocents.

Votre base militaire est ici, avec les autres bases étasuniennes dans le monde, une partie de l'axe du mal et représente toutes les corruption et la subversion de la décence humaine. De là, vos bombardiers ont fait pleuvoir la terreur, l’horreur et la destruction, souvent sur les têtes des personnes innocentes. La base de Diego Garcia a également été utilisée pour le transport et la détention secrète de prisonniers sans prendre en considération les droits de l’homme et les concepts même les plus élémentaires de la justice.

Nous vous demandons instamment, au nom de l'humanité de cesser vos activités inhumaines. Vous devez quitter immédiatement Diego Garcia et terminer votre présence honteuse et préjudiciable ici, afin que les droits des habitants, que vous avez fait exiler voici près de quarante ans, soient respectés et qu’ils puissent retourner dans leurs foyers et vivre en paix.

Messing about in Assab, Eritrea

Date: Feb 2008

After not hearing from Sam for two months we finally received an essay from him! Here is an extract and is followed by a link to the essay in full. It makes fantastic reading!

I've been back in Assab for a couple of days now, and decided to row ashore in the last of the evening. This was quite a difficult process having lost both my rollocks and oars in the storm which rattled through the other night! (Somebody thought he was safer tied to the dock than at anchor!)

Anyway, its another story, but having licked my wounds at anchor for a day, I had to try and contact civilisation (mother) again. To get myself ashore, I tried to improvise with one spare non fitting rollock, a piece of string and my spare 2 part aluminium oars...... but failed dismally, committing far too little time and thought into creating a solution. Typical! So I ended up kind of canoe punting toward the shore with the horrid 2 part folding oar from Cindik's bilge. Of course the conditions rendered this useless, I realised as soon as I set off, which was far too late. Failed and the strong winds blew me downwind, dumping me onto a little beach (a 2m gap where they forgot to put big harbour rocks), smothered by a 1m high wave. Drenched! Meanwhile a 'helper' appeared, which seems to happen often when you're off the beaten track, and we hauled “Sirene”, the little dingy, up onto dockside. We dragged her all the way along the gigantic quayside t(500m?) to a position upwind of Cindik for the nights attempt to return back home.

To read the essay click here.

Arrivée à Malé

Date: 17 Février 2008
Position: 4.11'N 73.31'E

Nous sommes finalement arrrivés à Malé (4°11'N ; 73°31' E), dans les Maldives, le 14 Février C'est beaucoup plus tard que nous l'avions escompté. Les vents de mousson du NE ont été inégaux, voire inexistants dans ces lieux, ce qui nous a retardé. Nous avons eu deux périodes, chacune d'environ une semaine, avec quelques jours de calme absolu sans aucun vent, et certains jours où le vent était malheureusement d’ouest.

Quand nous avons bénéficié du vont vent de mousson du Nord-Est, Musichana pouvait allégrement naviguer avec la seule voile de proue, en avançant facilement à 5 ou 6 noeuds. Notre meilleure journée nous a permis un parcours de 135 milles !

Après avoir rempli toutes les formalités d'arrivée (ayant d’abord découvert ce que ces fichues formalités impliquent, dont la nécessaire présence d’un agent ...), nous sommes désormais ancrés à l’atoll de Hulhumale, qui est à environ 3 milles de Malé. Hulhumalé semble être une sorte d’ « atoll-dortoir» pour Malé, cette dernière étant très densément peuplée et entièrement couverte de constructions. Nous sommes juste en dessous la partie nord de la piste de l'aéroport international, et comme ces îles sont un véritable attrait touristique, c'est assez bruyant par moments.

Anyway - nous sommes là! Notre petite épreuve personnelle et les tribulations de notre croisière ne sont rien comparés aux souffrances des Chagossiens.

Il est très décevant d'apprendre que Sam ne sera pas en mesure de se joindre à nous pour l'instant. Nous n'avons pas été en mesure de lui parler, mais nous serons bien tous ensemble un jour ou l’autre. Nous adressons nos meilleurs vœux de rétablissement à Poppy. Des petits bateaux à voile et des ressources limitées - il est inévitable qu'il y aura toujours des problèmes inattendus, des découragements, etc ... Personne n'a dit que cela allait être facile! Mais nous allons simplement continuer à essayer - nous allons déposer et clamer notre protestation dans tous les cas.

L’administration des British Indian Overseas Territories (BIOT) a très gentiment accordé un nouveau permis d’accès à notre voilier Musichana. Grâce à ma soeur Chris qui s est précipitée pour donner au gouvernement les 50 Livres nécessaires à ce permis et dont l’administration avait tant besoin ! We just keep going!

Nous venons d’effectuer les dernières préaparations pour le dernier segment de notre croisade. Réunir plus de nourriture et puis faire le plein de nos réserves d’eau douce et nous serons bientôt sur la bonne voie. Notre départ des Maldives est prévu vers le 20 Février. Nous sommes encore dans les temps pour arriver dans les îles Chagos autour de la première semaine de mars et nous verrons bien ce qui se passera après.

Peros Banhos et/ou Saloman se situent à environ 550 milles au plein sud des Maldives et nous pourrions être là dans une semaine si les conditions météo nous sont favorables. Je ne pourrai communiquer des nouvelles que par téléphone satellite – mille excuses pour cela. Mais j'ai désespèrement essayé de nous connecter à la messagerie via internet, et le système est complètement inopérant, se contentant de dévorer notre crédit de prépaiement sans que rien ne se passe. J'ai totalement renoncé à son sujet.

Presque arrivés!

Date: 11th février, 2008
Position: 05 00N - 076 42E

Position envoyée par téléphone satellite : seulement à 200 milles de leur destination, Pete et Jon continuent d’avancer doucement.

Plus de vent!

Date: 8th février, 2008
Position: 04 52N - 079 06E

Position envoyée par téléphone satellite : le vent a chuté après avoir eu un excellent vent de mousson, Pete et Jon ont ralenti. Ils sont maintenant à 300 milles des Maldives.

Dans l’Océan

Date: 6th février, 2008
Position: 05 45N - 082 49E

Pete et Jon continuent leur excellente avancée et pensent arriver aux Maldives dans 10 jours. Surveillez cette page !

Suyul Hanish

Date: 17th January, 2008
Weather: -
Position: 13 37.07N - 042 43.87E

Captain's Report:

Yesterday the wind dropped to a Southerly Force 5 and we were able to motor sail at 2 knots and travel 12 miles to the final anchorage in this group. It's an island called Suyul Hanish and it's not really an anchorage as such. It's such a crawl, slowly picking my way down to the mouth of the Bab al Mandeb. Noon to noon averages have gone out the window and to be quite honest, it's a shitfight just to hold the ground you've made without going backwards... let alone meeting the father at the Maldives. Not like it said on the label! Its not the rosy red downwind g and t with the old man stuff. Its raw, it's real and every day is a battle to find your peace with the elements around you.

There's a lot of time for reflection, and of course ones mind starts to question the naivety of leaving so late, or so early as the case may be. I certainly am starting to feel a little bit guilty about having roped so many people into a lost cause. The ETA and the rendezvous seem further and further away from realistic and achievable. Its getting close to 2 weeks non stop headwind blowing now, and Iwe've hardly progressed at all. Some would say "I told you so" but I've just got to keep believing. This is all meant to be. It probably all sounds a bit woolly but there's nothing else left to hold onto. Nothing else to justify my existence out here.

We're 37 miles from Assab now, where I can resupply and update. People probably very worried, but there's just nothing I can do about it! I would move if I could, but the wind is so bloody strong! It's impossible to progress! And I've involved all these people into this little website world now and I have no means by which to input or nurture it any more. In fact I feel like I'm almost starting to destroy what we've worked so hard to create.

This anchorage feels on the edge to me! Its sort of nestled in between these 2 extinct volcanoes that peak on the island which must only be 2 or 3 square miles. There's nothing now between it, us and the Bab al Mandeb. We're sitting in the blast of the wind funnel!

Colours very yellow and light brown. As the moon becomes full, there's an eerie pastel finish to the nights which would be quite remarkably beautiful if the wind wasn't so dominating. There's a fishing and military community here and its a very tentative relationship we hold. They live about 100 men with no women and there's no real 'law' to speak of out here. The island seems partly controlled by the military, I think, to maintain a presence here. Maybe the Yemeni's get money from the IMO for the shipping lanes, or maybe they want to prevent the Eritrean's or anyone else from claiming them. There are 2 little fishing boats with outboard motors on this island and the boys seem to catch enough for the community to eat each night. Hand to mouth. There doesn't seem to be any commercial aspect to their work. They gave us a couple of fish, which broke the ice a bit and now we've traded some more. No-one speaks English here, Poppy and I have no Arabic. We've traded some Turkish helva, a coat and some mouldy fags for potatoes, cheese, fish and 200l of volcanic water..... seems O.K.!

The relentless wind, it must be force 7 out there but what happens is you get these lulls for about 20 seconds then an almighty force 9 blast for 5 seconds and that's the pattern. Minute after minute, hour after hour. We have to just wait. And wait. And wait a bit more. Its really extreme! On the threshold! Very powerful and not the most idyllic of resting spots. Swell and tide roll in around the corner, occasionally clashing. And we're so bloody close, so close. Very tiring and frustrating, yet peaceful and idyllic away from tourists and 24/7 shite. No mobiles or internet out here, just raw survival.

Same place, day 4 of waiting...............

Well we tried to leave! My goodness the swell when we left the lee side of the island!We came straight back! And last night was one of the most tricky nights at anchor I think I've ever had in my life. The sheer power and force of the short sharp gusts was unbelievable. Sometimes they hit from the SE and sometimes the SSW, depending on which way round the volcano they roll. Poor Cindik snatches and snarls. Really really violent. Its the land breezes from Africa and the Arabian peninsula kicking in and fuelling the trade winds funnelled through the Bab al Mandeb, combined with the particulars of our volcanic island which we've anchored in the lee of.

11 days of waiting now and seemingly no end to it all.

Hanish al Kubra

Date: 14th January, 2008
Weather: -
Position: 13 46.15N - 042 45.96E

Captain's Report:

Hey ho! We've moved to the next island down the line. Its called Hanish al Kubra and we've dropped anchor in 6m of sand off the northern shore of the island in the lea of the Southerlies. My goodness me, they're unrelenting! It is a very testing and challenging part of the journey. It is a knife edge in your mind. The insanity of nobody knowing what's happened to you for 20 days in the age of modern communications coupled with the frustration of not progressing toward the goal whilst water and consumables on board slowly dwindle. The positive side is that time slowly fades into a peaceful tock preceded by a quaint little tick. The moon slowly grows larger in eternity and a whole world opens up before you when the speed of modern communications fall away. I somehow flutter in and out of the two states of mind. Its not quite so intense now, We are at natures mercy and have enough water for another 3-4 weeks and if the wind ceases to abate, We will have to turn North and seek refuge off the Eritrean coast.

We have consumed (in my terms) large amounts of fuel to get here. The problem is that when Cindik motors into any kind of slop our speed comes right down to a knot, knot and a half so we consume 4 times as much fuel to get the same distance. The point being that if we can sail 90 miles to Bab al Mandeb, we can reach Aden under motor otherwise we'll have to head for Assab in Eritrea which probably means waiting for another whole cycle of the convergence zone.

This 'convergence' zone totally dominates life in the Red Sea at this time of year. In simple terms it is the place where the Southerly winds meet the Northerly winds. Its a belt of black heavy clouds with the odd drizzly patch, very light. Quite squally. Ultimately it is controlled by the Siberian high moving across Russia and the odd Atlantic depression which finds its way through to the Eastern Med. (I think!) I'm no pilot book bullshitter I'm afraid, I'll have to ask my dad to explain. The language of the 'official' explanations seems too convoluted to grasp the bigger picture.

Anyway, we got hit by this convergence zone right up off Ra's Abu Shaghara (North of Port Sudan) which is the highest northerly point they say it travels too. It's like an entity from a sci fi book or fantasy novel, travelling up and down influencing everything in its path. It totally controls what we do and how we move in little Cindik. When we pulled into Port Sudan to refuel, after realising we couldn't fight it, the thing then started to travel back south, overtaking us and returning northerlies with which to sail! Amazing!. Anyway the bugger rocketed up north again, propelled by these force 9 gusts I alluded to earlier and her we are, stuck in its wake.

Au Nord-Ouest de la Malaisie

Date: 22nd Janvier, 2008
Weather: -
Position: 6 30N - 097 16E

Nous venons de recevoir un appel du téléphone satellite du Musichana, et Pete nous a donné leur récente position. Pete et Jon ont bien progressé, malgré une mer plutôt agitée !

Northern Coast of Jabal Zuquar

Date: 22nd December, 2007
Weather: -
Position: 14 04 035N - 42 44 391E

Captain's Report:

Its Friday the 11th of January and there is about an hours sunlight left in the day. It will probably go down as I write these notes. It's a warm sun, you need scant clothing through the day and at night a sheet is sufficient to keep warm. We approach the third night at the end of our third day here at this anchorage of the northern coast of Jabal Zuquar island. (Its volcanic, desolate and part of the Hanish group, a cluster of islands only 100 miles to the north of the Bab al Mandeb).

The winds have gusted up to Force 9 here at times, never blowing below a Force 6. Pure Southerly. Pure winter. Pure headwind! We're anchored in 3.5m with 60m of chain out. Bloody feisty, bloody feisty! And it has been hard work to get this far south. We've pushed Cindik along with her motor. In turn, our seamanship skills have been really really tested. We are a good team and we've battled courageously with skill and determination to win our winter miles in our little boat. We made this anchorage and the (semi) respite from the wind with hours to spare... Thank god! I'm so glad we're not still battling out there.

First things first. I want to explain a little about the communications. I realise now that 2 weeks have passed since the last update. I'm so sorry! It's not through lack of trying. We had one refuelling stop at Port Sudan. We wanted to be in and out (It took 6 hours) and to go ashore was really difficult and required mega bucks and mega time with various customs and officialdom, clearance passes, passports etc. We headed on out and eventually, we weren't to know, made this resting place in the knick of time.

I just cant figure out the radio system. Each contact station has a number of frequencies you can try to contact it on but it can only operate on one at a time. And it always seems to be busy. I try nearly every day at various different times, only once has it not been busy and I still didn't get through. It consumes so much time as well. I understand now why people invest in the remote controlled sets, in order to leave the thing on so it sends automatically when there's a break, but its still crap. I wish I wish I had an iridium phone to send text messages. Its not a money issue really, this ssb system has consumed far more than its currently worth, its the updates and keeping the web alive bit. Its the feeling of having made completely the WRONG choice for the job and it's so frustrating. And I'm stuck with it. I intend to stop at Aden or Assab (from where you will receive this letter) Maybe just maybe there could be a yachtie in port who could help me sort it out. Otherwise I'm f***ed till the Maldives. You will have to rely completely on Musichana and her updates to have any sense of momentum because this stuff has got me totally foxed . I'm so disappointed. I'm so sorry.

En quittant Chebalang, en Thailande

Date: 10th Janvier, 2008
Weather: -
Position: -N - -E

Pete raconte:

Nous avons enfin fini tous les travaux sur notre voilier le Musichana et nous sommes allés le remettre à l'eau le 09 janvier. C'était un sentiment merveilleux quand nous avons quitté la cale de halage et que les gerbes des pétards chinois d un feu d artifice destiné à porter chance ont explosé en une série de successions rapides. Vous allez bientôt pouvoir voir ce moment magique sur une vidéo, dès qu on sera en mesure de la mettre en ligne!

Il y avait seulement une petite fuite (une entrée d’eau, si vous préférez) sur le couplage magique - de sorte que le Musichana est retourné à l'atelier pour de nouveaux petits travaux mais nous serons sur notre départ vers Langkawi aujourd'hui (10 janvier).

Le niveau de main d'œuvre ici est excellent pour la réparation des bateaux en bois, et je peux vivement vous recommander ce chantier. Notre bande d’ouvriers spécialisés a travaillé dur et sans relâche pour obtenir ce qui s'est avéré assez rapidement d'importantes réparations bel et bien terminées, et nous aimerions saisir cette occasion pour remercier tout le monde au chantier (surtout Oh!) pour l'ensemble de leur aide.

Alors, bon - nous venons d'avoir à renégocier le passage du canal à la mer (!), Et nous serons de retour à Langkawi pendant une semaine environ avant finalement de partir pour les Maldives et prendre notre grand rendez-vous avec le Cindik.

Nous avons bien apprécié notre court séjour en Thaïlande. Tous les gens sympathiques que nous avons rencontrés ont été un cadeau merveilleux ; nous avons aussi été encouragés par le grand soutien pour notre voyage et par la compréhension et la forte sympathie que les gens d'ici ont pour le sort des Chagossiens. Cela, ça ne cesse de me surprendre - les sentiments communs que nous avons tous en tant qu'individus et en tant que citoyens de la planète terre. Si seulement nos représentants élus pourraient rester en contact avec la population qu'ils représentent - quel monde nous pourrions avoir!

Grâce soit rendue à Swuy et Aon qui nous ont si bien nourris et gardaient de la bière fraîche, et aussi pour leur bonne humeur et leur merveilleux mental. Merci aussi à Tim (une matelote de greenpeace) pour venir aider "ses deux vieux oncles" (!) à boucler tous les travaux, à trouver plein d’endroits inaccessibles a priori pour ranger nos provisions dans le Musichana, et pour ses précieuses compétences d’interprête-traductrice. Sans toi, nous aurions été perdus !

«Imaginez toutes les personnes vivant leur vie dans la paix». Je pense que vous pouvez dire maintenant que je suis un doux rêveur!

Chantier naval de Satun , à Chebalang, en Thailande

Date: 2nd janvier, 2008

Pete raconte:

Après avoir passé une semaine à faire des navettes en tuk-tuk entre Satun et Chebalang (où se trouve le chantier naval) - environ 13 km -, nous avons pu louer une maison à proximité - très proche même ! (en photo à droite). Nous avons réussi à faire cela parce que Tim (qui a navigué comme matelote avec moi sur l'Arctic Sunrise) est venue depuis son domicile à Bangkok pour nous aider.

Cela a été un grand pas en avant pour nous, parce que tout à coup, nous avons pu parler avec les gens! Alors, elle nous a trouvé très vite une petite maison près du chantier, avec un service de réveil gratuit mais très matinal ... chaque coq semble venir le matin sous ma tête pour annoncer lui-même ... il est l’heure, on ne dort plus, debout !

Le travail avance vraiment bien sur le bateau. Le platelage est terminé - et le tableau arrière vient d’être fini aujourd'hui (en photo ci-dessous).

Nous avons été trop occupés à une myriade d'autres tâches et nous avons même trouvé le temps de commencer à rédiger nos banderoles (photo : cela ne devrait pas être trop difficile de deviner quel sera le message!) Le calfeutrage a commencé aussi, et après les vacances du nouvel an, tout cela devrait se terminer.

Il y a encore un peu d'aménagement intérieur à organiser, divers tuyaux et robinets à vérifier; la peinture de la coque à appliquer, et nous devrions être de retour à l'eau dans une ou deux semaines.

On s’approche de plus en plus de notre rêve, et enfin le Musichana commence à ressembler à un vrai petit voilier de haute mer. Jon et moi-même savons ce que nous avons chacun à faire - et à fur et à mesure que chaque petit problème est résolu, nous nous sentons des marins dans leur élément naturel. Je suis convaincu que nous faisons la vraie bonne chose tout du long de notre petit chemin. Nous essayons le maximum de ce que nous pouvons réaliser.

La justice l’emportera à la fin. L’exil honteux et illégal des Chagossiens prendra fin un jour ou l’autre. J'espère que nous pourrons un peu contribuer à changer le cours des choses. Nul n'est au-dessus de la loi du pays et les élus politiques feraient bien de se rappeler cela. Ils ne peuvent pas être autorisés à traiter leurs propres citoyens avec un tel mépris.

Nous sommes dans le droit et la justice. Ils se trompent. C’est aussi simple que cela.

Nous quittons la marina de Telaga Marina, en Malaysie

Date: 22nd Décembre, 2007
Position: 31 16 13N - 030 27 25E

Pete raconte:

Nous avons quitté la Marina de Telaga (à Langkawi) ce jeudi matin. Nous avions reçu un message de Oh , au chantier naval de Satun, nous apprenant qu’ils pouvaient s’occuper du Musichana à bref délai. C’était une trop belle occasion pour la laisser passer - et même si nous n'étions pas à 100 pour cent prêts à naviguer - nous avons décidé d'aller. Nous avons marché au moteur parce que notre gréement avait quelques problèmes et faiblesses, et nous ne voulions pas risquer de mettre nos voiles et matures en péril.

Le moteur a été révisé récemment, et nous n'avons pas connu de problèmes, en dehors de l'attelage de couple (pas sûr de ce que c'est le bon nom technique ....), qui renverse le sens de la force rotatrice - comme le moteur fait face vers l'avant. La situation ne me paraissait pas rassurante – un mélange d’eau de refroidissement et d’huile de lubrification m a toujours laissé plutôt circonspect (et c'est un euphémisme!). Ici la photo montre Jon à la proue du Musichana.

Après avoir échoué une ou deux fois au cours de l'approche finale de la cale du chantier Satun (la plupart des gens s’échouent aussi – honnêtement parlant!), nous sommes enfin arrivés à bon port et sommes allés vers la cale sèche proprement dite le lendemain matin. On avait sérié les priorités de réparations, et comme vous pouvez le voir sur les photos, le bois est déjà pourri par endroits. Le vieux drôle d'attelage a été ôté, et il gît actuellement dans le hangar de réparation, entouré d’une tendre sollicitude de notre part et des ouvriers spécialisés. Les ingénieurs se sont moqué de notre attelage de moteur: "on dirait que votre truc provient d'un tracteur!" disait un des gars. "Si nous ne pouvons pas trouver de pièces de rechange, est-ce qu on pourra le réparer à la façon thailandaise?" Génial, les gars, allez-y!

Le chantier PSS Satun est une très bonne entreprise avec une excellente réputation pour les bateaux en bois (il y a une grosse flotte de bateaux en bois pratiquant la pêche traditionnelle non loin d’ici). Les ouvriers du chantier ont aussi réalisé le rajeunissement du splendide yacht Cariad qui fût construit en Grande-Bretagne en 1896.

Les choses avancent plutôt bien jusqu'ici et nous ne prévoyons aucun gros retard. On n’arrivera probablement pas à faire tout ce qu’on avait prévu - mais nous ferons l'essentiel et pour l’instant cela semble aller dans le bon sens. Il y a encore beaucoup de travail à faire, y compris l'électricité (aaargh!), et la révision des plats-bords. Mais c’est en très bonne voie et nous sommes positifs. Noël est un événement de très faible importance par ici - et cela signifie qu'il n'y a pas d'énormes retards en rapport avec des vacances, etc C’est aussi en quelque sorte un soulagement pour moi - je trouve que la surconsommation en rapport avec les fêtes de Noël est de la folie dans certains pays. Elevons-nous au-dessus de ces basses contingences matérielles !

Le Cindik à Ismalia: des Egyptiens chaleureux

Date: 22nd December, 2007
Météo: -
Position: 30 34 71N - 032 17 59E

Poppy raconte::

Combien de personnes adorables avons-nous rencontrées ? De Nagib et son aide précieuse à la Felix Shipping Agency jusqu’à Alaa à Ismalia qui n'a cessé de nous demander si nous avions besoin de quelque chose. Les Egyptiens sont les gens les plus amicaux que nous ayons rencontrés, toujours souriants, polis et amicaux. L'appel à la prière provenant des mosquées autour de nous résonne parmi le bruit de la ville, et monte en un crescendo dans le cadre merveilleux de la pleine lune. Nous travaillons sur notre voilier Cindik afin de le préparer pour la dernière partie du Canal, vers Port-Suez.

Aujourd'hui, nous étions partis avec notre nouveau pilote pour hélàs revenir au point de départ au bout de cinq mille à cause de la brume. La gêne de notre pilote à perdre une journée de salaire était palpable, malheureusement. Hier, il y avait des orages dans la Mer Rouge, qui ont été assez puissants pour gèner deux navires qui ont bloqué le passage... Et un cargo s'est échoué dans le canal juste au sud. Cela a eu pour effet de fermer l'ensemble des parties nord et sud du Canal de Suez, ce qui conduit à un nouveau retard d’environ deux jours. Nous pensons parfois que nous faisons partie d'un réseau imaginaire et synchronisé où les événements viennent tourbillonner autour de nous, sans aucune implication apparente. Ça fait cinq jours maintenant que nous avons été agressés par diverses coïncidences, nous avons rencontré des officiels et des agents de sécurité plutôt casse-pieds, avons été charmés par les rires de groupes d’enfants essayant désespérément leur anglais chancelant sur ces deux grands folks nordiques (comprenez : Sam et Poppy). Il y a eu des moments où le temps semblait s'être définitivement arrêté et on sent notre irritation de ne pas avoir pu progresser au rythme auquel nous nous étions habitués. Pourtant, ce pays nous enveloppe et une certaine résignation commence à se faire ressentir. Une nuit, nous baladant au marché pour l'achat de nos fruits et légumes, nous avons pris conscience que nous devions avoir été les deux seuls Européens dans l'ensemble de la ville! Ismalia ..... tu es extraordinaire! Où donc dans notre société ultra sophistiquée trouverons-nous le charme d’Ismaila ? Nous avons le privilège d'être ici et de témoigner de l’ énergie et du rythme arabe. La photo montre Sam et Poppy avec leur pilote, Smoko.

Malgré tous ces petits inconvénients, nous restons encore et toujours plein d'enthousiasme. Nous pouvons déjà sentir l’odeur de la mer Rouge et imaginer pouvoir avancer sans tarder gràce à de bons vents en poupe!

Un compte-rendu du Capitaine

Date: 20th Décembre, 2007
Météo: -
Position: 30 34 71N - 032 17 59E

On est coincé dans une lutte immobilisante, maintenant. On est bloqué dans Ismalia, à mi-chemin vers le bas du canal. Hier, un navire de guerre étasunien voyageait vers le nord, ce qui signifie que tous les autres bateaux ne pouvaient pas passer. Parce que nous naviguons au moteur si lentement, nous autres voiliers, et nous traînons un peu à contre-courant sur le côté du canal, dans la direction opposée au convoi.

Ce matin, en plein milieu d une période de 4 jours fériés en Egypte, seulement 3 pilotes étaient disponibles pour 4 bateaux. Devinez quel voilier n a pas eu sa chance .............

Quoi qu'il en soit, il s’est avéré plus tard qu'il y avait une panne de moteur avec un gros cargo, juste au nord de Port Suez, ce qui a coupé la totalité du canal. Les 3 autres voiliers partis ce matin – les veinards – sont maintenant coincés dans un petit débarcadère au milieu de nulle part, à mi-chemin entre nous et la sortie du Canal. Il est inutile d'essayer d'obtenir la moindre information concrète. On nous a dit que nous partions à 10h et ils sont venus pour nous guider seulement à 04h30 ce matin! Mon voisin plaisancier, un garçon ukrainien qui n a pas arrêté de boire pendant 24h, a dû être réveillé par mes hurlements de bon Celte, afin qu il reprenne son rôle de skipper. Mais, quoiqu il en soit, notre pilote ne s’est pas pointé à bord !. Ensuite on nous a dit « peut-être », « inch’Allah », etc, mais je n'ai pas la moindre idée si nous serons encore ici demain.

Ismaila est un bijou d’architecture. Il n'y a pas de véritable gros bâtiments industriels ou d’entreprise ici. La ville est très réelle et tout près de vous. J'ai payé pour mon carburant diesel 15centimes par litre, mais cela a été toute une histoire pour remplir mes jerrycan et revenir à bord. Ensuite, trouver les services d’immigration, trouver un taxi, payer le gars à la pompe à essence (au moins deux backschich égyptiens ...), puis revenir en arrière, inverser le processus. Il y a un énorme marché ici, et nous avons malheureusement oublié nos caméras. Mais nous avons réussi à charger le bateau avec tous les produits frais dont nous avions besoin. Beaucoup d'expériences nouvelles, de nombreuses pensées, des réflexions et une vraie leçon d'humilité. C'est tellement différent pour un mec ou pour une fille. Poppy ne peut pas quitter seule la marina à cause des harcèlements des hommes. Je n'exagère pas. Poppy a dormi toute la journée. Peut-être avait-elle trop usé de ses forces, ou alors est-ce moi qui nous ai imposé un rythme d’efforts trop élevé ? Peut-être que ces sorties dans Ismaila le soir sont trop épuisantes ?.... Difficile de savoir. Mais je reste assis ici aujourd'hui, sans photos originales, et en train de rédiger ce compte-rendu avec l’esprit vagabondant vers nos autres soucis.

Ce soir, j'ai rencontré quelques jeunes garçons. Ouf! C’était vraiment agréable de rencontrer des gens de mon âge. Spirituels, passionnés et engagés. On a discuté de tout et de rien, du rôle de la femme et des femmes dans la société, dans leur société, dans notre société.

Par ailleurs, y a des trucs complètement nuls... Les conseils et les petits trucs du livre des plaisanciers concernant la traversée du Canal de Suez sont vraiments nuls. L’ensemble de la situation locale est vraiment différente de ce qu’on fait en Europe. Nous sommes tellement paranoïaque. La plupart sinon la totalité des gens que j'ai rencontrés portent un sens de l'honneur et de l'intégrité quand il s'agit de commerce et d'affaires. Je souhaiterait que la même chose puisse être dite sur nous-mêmes, avec nos doutes et nos façons pingres. Pour moi, il ne s'agit pas de combats à mener chacun dans son coin. Il s'agit de sortir de l'Europe avec autant d'argent que possible pour réaliser la suite de notre projet. Ne gaspillons pas d’argent au MacDonald's. Ne donnons pas de précieux argent au restaurant chic de la marina de plaisanciers, ni aux restaurants pour touristes habituels. Je ne veux pas me battre seul dans mon coin, je veux partager ce que j'ai et je veux apprendre. Je veux en savoir plus sur le contentement de l'instant, la paix de l'esprit. Pourquoi y a t-il plus de gens riches en Europe et plus de gens misérables en Afrique? Je veux apprendre.

Ici, une photo de Poppy, Sam, et Nagib. Par coïncidence, derrière Sam, on voit une photographie encadrée d'un des bateaux sur lequel a navigué son père!

Mince et zut, je crois que je suis en train d’attraper une grippe. On est resté ici à terre bien trop longtemps. Et on a vu bien assez de gens. Faut y aller, maintenant.

En direction d’un nouveau continent

Date: 15 Décembre, 2007
Météo: vent de NO, force 6
Position: 31 16 13N - 030 27 25E

Poppy:

Mais qui aurait pensé que nous atteindrions la côte égyptienne en l’espace de trois jours et demi ?

Après la bagarre du début pour atteindre l’île de Rhodes, où notre bref arrêt nous a bien reposé, un bon vent d’Ouest nous a permis de rapidement traverser ce dernier segment de Méditerranée.

Nos prières ont été exaucées, et le Cindik toutes voiles dehors a excellement navigué au cap un-quatre-huit, mais sous une houle bien formée. Nous avons roulé et surfé telle une girouette, en nous soulageant mutuellement lors des longues heures de barre, et en nous faisant tremper par des vagues qui par moments s’abattaient sur le pont.

En examinant la structure des nuages et en nous rappelant les précédentes prévisions météorologiques, nous avons sondé anxieusement le ciel tandis que notre route continuait vers l’Ouest. Enfin le Cindik n a plus réussi à tenir le cap sud-est et nous avons mis le moteur en marche. C'est donc au moteur que nous avons terminé notre dernière étape méditerranéenne, nous approchant en soirée de Port Said et de ses difficiles conditions de trafic maritime. Les lumières de la ville ont agressé nos yeux accoutumés à la nuit, et c'est en entendant le dernier appel du muezzin pour la prière du soir que nous avons accosté aux quais de la marina locale, épuisés mais débordants de joie.

Adieu la Méditerranée, et bienvenue à l'Afrique.

Un compte-rendu du Capitaine

Date: 15th Décembre, 2007
Weather: vent de NO, force 6
Position: 36 00 00N - 030 32 75E

Ce message via la radio BLU est simplement pour tester les équipements. Pour l’instant je n’ai pas réussi à envoyer des e-mails depuis le bateau. Le système me dit que le signal de propagation est de trop piètre qualité ici en Méditerranée orientale. J’essaierai les connections par internet lorsque nous serons en Egypte si cela ne marche pas avant.

Nous avons quitté Rhodes dans des conditions plutôt dures. Certes, nous avions un vent arrière mais au lieu de perdurer quelques heures, ce fort vent s’est maintenu un jour entier ! Ce sacré vent s’est calmé vers minuit après donc 24 heures de force 6 provenant du nord-ouest. J’avais donc pris deux ris dans la grand-voile, et nous avons ainsi pu naviguer vers Port Said à une vitesse moyenne de 5 noeuds. Ce dont les metéorologues ne vous parlent presque jamais, c’est de la houle. Cette forte houle nous a continuellement accompagné et je me demande si elle disparaît en hiver de Méditerranée orientale ne fût-ce qu’un instant . Ensuite, notre vent du nord-ouest est passé ouest-nord-ouest, puis nord-nord-ouest, ce qui nous a amené une houle encore plus agitée. Mais bon, le Cindik a avancé bravement, avec son gréément adapté aux conditions changeantes. Une rude croisière dans un vent de force six !

Le pilotage automatique est un véritable soulagement, et c’est une bonne surprise d’autant plus que je n’avais pas vraiment effectué des essais du système avant le départ.

Vent du Sud maintenant, le Cindik passe au moteur avec une petite voile. C’est un beau matin d’hiver bien froid et une splendide journée ensuite. La routine des manoeuvres à bord commence à se mettre en place, et cela laisse du temps pour réfléchir aux défis suivants. Je l’ai fait ! J’ai quitté les terres, je me suis libéré, et je suis sur le chemin – hé-hé-hé !

Entre Marmaris (Turquie) et l’île de Rhodes (Grèce)

Date : 13 décembre 2007
Météo : vent de SE, force 4-5
Position: 36 35 41N - 028 12 66E

Un arc-en-ciel sur les montagnes, à notre droite, a complété notre bonheur d'être enfin en route après toute l’attente due aux multiples préparatifs.

Nous nous sommes dirigés vers le sud-est au cap un-cinq-zéro sous d’immenses nuages et des coups de tonnerre qui encadraient Marmaris, laquelle petit à petit disparaissait derrière nous. Dans les dix minutes qui ont suivi, le ciel s’est lâché et la lumière du jour s’est évanouie alors que de fortes pluies martelaient notre pont et agitaient la mer. Le vent fouettait si fort que l’eau en était pulvérisée, et nous savions que nous étions alors dans un moment difficile.

Dès que la pluie a cessé, l’infâme houle méditerranéenne s’est formée sous une brise du sud-est, et rapidement le tangage, le roulis, et toutes sortes d’autres mouvements ont rendu la situation de plus en plus inconfortable.

Finalement, nous avons tendu notre voile d’étai afin d’essayer d’amortir ces mouvements générateurs de mal-de-mer, mais le résultat final nous permis juste de nous reposer un peu et de retrouver nos esprits. Malheureusement la trajectoire du Cindik était devenue maintenant vers le nord-est, ce qui signifiait que notre espace de navigation diminuait d’heure en heure.

Quel départ! Quatre jours avant l'Egypte et déjà nous avons pris un bon grain bien secouant. Comme nous avions décidé de rester sous voile et sans moteur, nous avons examiné nos différentes options et décidé que le choix raisonnable était de nous diriger vers l’île de Rhodes, d’y trouver un abri, et d’attendre que le temps s’améliore.

C’est donc un équipage épuisé qui a enfin jeté l’ancre vers onze heures du soir, alors que des éclairs zèbraient l’horizon au-delà du brise-lames protecteur. Comme le tonnerre grognait tout autour de l'île, nous sirotions du thé chaud et en réfléchissant à notre décision qui avait été judicieuse, car ainsi nous serons prêts et reposés pour le prochain segment de notre voyage, bien évidemment dans la bonne humeur !